Le mode de vie de la campagne par rapport à la ville

Beaucoup de parisiens ont une maison à la campagne et partent le week-end passer du bon temps « au vert ». L’air pollué de la ville et le manque de nature leur pose problème, car ils se sentent déconnectés de la vraie vie. Ce sentiment est accentué par le fait qu’ils sont très stressés par leur travail et qu’ils subissent la pression du monde présenté comme anxiogène par les médias. Ils préfèrent alors couper tout contact avec la civilisation et aller faire des câlins aux arbres. En effet, avec le succès du mouvement de développement personnel, se rapprocher de la nature offre une possibilité de relaxation sans pareille pour les citadins.

Cependant, il y a une différence entre le fait de se reconnecter à soi-même, et d’être capable de vivre en autonomie dans la nature. Certains individus tentent de recréer un système indépendant, dans le respect de la planète et des hommes. Souvent, ils se rassemblent en mouvements ou suivent les modèles de personnalités qui y sont parvenus. Leur mode de vie et leurs activités sont alors pleinement consacrés à ce projet. Leur engagement devient politique, voire spirituel, et ils forment un réseau national ou international.

Première structure historiquement créée à l’initiative des proches de Pierre Rabhi, Terre & Humanisme partage, transmet et soutient l’agroécologie partout en France, dans 7 pays du pourtour méditerranéen et d’Afrique de l’Ouest.

https://www.pierrerabhi.org

Un ange qui s’assume

C’est l’histoire d’un ange en puissance, qui rencontre un ange-gardien. Ce dernier lui propose de l’accompagner dans la quête de son identité. Le petit ange fait tout pour plaire à celui qu’il admire et les deux âmes apprennent à se connaître. Malgré tout, leur relation est entrâvée par une demande venant du ciel, que le petit ange refuse. L’ange-gardien décide alors de déjouer les plans menaçant la vie de son petit. Il se met à faire semblant et continue à en prendre soin. Le ciel, témoin de cet acte de bravoure, reconnaît son cœur pur et révèle à l’ange qui il est.

La part des anges

Ils sont tous différents.
Ils sont tous intelligents.
Certains ignorent qu’ils le sont.
Ils ont beaucoup d’idées.
Ils œuvrent pour le bien.
Ils sont des messagers de Dieu.
Ils se nourrissent des autres.
Leur âme est belle comme le ciel.
Ils ont chacun et chacune leur humour.
Ils ont leur cœur infiniment grand.
Ils sont là pour protéger l’humanité.
Je fais partie de leur équipe.
J’ai 3 ailes, je m’appelle Lillly.
Je l’ai su à la moitié de ma vie.

 

 

 

 

 

 

 

L’amour de Juliette

Juliette Drouet was born in 1806 in Fougères, in the name of Julienne Josephine Gauvain. She became an orphan early. Her mother died a few months after her birth and her father the following year. Some says that she has been the model for the character “Cosette” in Les Misérables.

She is raised by her uncle, René Drouet. She is educated at a religious school at Saint-Mandé and she is proficient in literature and poetry. Around 20 years old, of she meets the sculptor James Pradier. He represents her in a statue symbolizing Strasbourg, at the Place de la Concorde. She has a daughter with him, Claire, who will die 20 years later.

She becomes an actress but above all she is known is the Parisian society as a courtesan, extremely beautiful. Victor Hugo met her while she was playing the role of Princess Négroni in Lucrezia Borgia. She then becomes his mistress, as well as his secretary and travelling companion. They write love letters to each other (she wrote more than 20 000 letters). She helps him in his work, read his texts. She had a writing talent.

In 1851, she helps him to exile to Brussels, because of the “coup d’État” against Napoléon III. She joins him, and saves also all his manuscripts. All the family, including Juliette, leave to Jersey in 1852. There she lives near them. When Victor Hugo moves to Guernsey in 1855, she moves in a flat, and then in a little house called La Pallue, but it is very humid. So Victor buys her Hauteville Féerie and decorates it, with the furniture and fabric she likes.

Juliette is very grateful and invite in return Victor in her house, while his wife is away and because Hauteville House is uncomfortable. She doesn’t want to go in Hauteville House when Mrs Hugo is here. One day Mrs Hugo pays a visit to Juliette, so it is impossible to avoid returning it, and from this time Juliette does not hesitate to spend time at Hauteville House. She went there almost every day, to revise the manuscript and the copies of Les Misérables.

In 1869, Victor goes back to Brussels with Juliette, then they go to the Rhine, which holds sweet memories for both. On their return to Guernsey, he plans a journey to Italy for for him and Juliette. In 1872, Hugo is no longer in exile but returns at Hauteville House. He goes to find Juliette in Hauteville Feeries, and organizes family drives in the island, but Victor has intrigues under her eyes and she can’t handle it anymore. She decides to go to Brest to live with her sister.

At the end, she goes to live in 1874 Rue de Clichy the third floor, while Madame Charles Hugo, her children, and the poet, settle in the fourth. In 1878, Victor has a cerebral attack. He is escorted to Guernsey by family friends. Juliette is informed of the intrigues that Victor has had. Their relationship changes. Juliette still stays to take care of him in a house near Paris, while she is dying because of a cancer.

She died in Paris in 1883 at the age of 77. In her last letter, she said : « Je ne sais pas où je serai l’année prochaine à pareille époque, mais je suis heureuse et fière de te signer mon certificat de vie pour celle‑ci par ce seul mot : Je t’aime. » Juliette has only lived for Victor. She rendered a cult to the poet and lived in a complete self-abnegation. She has felt a passion for him, whereas he wanted more a calm and regular love. She sacrificed herself to adopt his tastes, ambitions, and dreams.

Guimbaud, Louis, Juliette Drouet’s Love-Letters to Victor Hugo, edited with a biography of Juliette Drouet, 2013.

http://www.gutenberg.org/files/44034/44034-h/44034-h.htm

Duffle-coat

C’est l’histoire d’un grand clown noir qui rencontre une petite fille au manteau rouge. Il commence à lui parler de lui : arrivé depuis un an à Paris, il s’efforce d’y rester, par tous les moyens. En vain. Samba a perdu sa maman. Son papa, il ne l’a pas connu. Son pays, il l’aime ; au Sénégal, on ne laisse pas une femme ou un homme dehors. On ne baisse pas les yeux quand quelqu’un vous parle. On bouge, on est sain, on est vivant. Samba connaît tous les métiers, toutes les langues. Il aime profondément les gens.

La petite fille ouvre grand les yeux et écoute. Elle n’en croit pas son cœur, car elle a devant elle un être lumineux, qui a tout compris à la vie. Toutes les vérités sortent de sa bouche : le monde devient fou, les hommes se laissent dériver, et Samba et Mathilde n’y peuvent rien. Mathilde a tout dans sa vie. Amour, bonheur, accomplissement. Elle adore l’humanité, ferait n’importe quoi pour la sauver.

Samba a déjà connu des personnes comme moi. Il est déjà persuadé que je vais l’aider.

― Qu’est-ce que tu veux ?

― Je veux retourner en Espagne.

― Pourquoi ? Tu ne veux pas rester ici ?

― Non. Là-bas, je pourrai travailler.

― De quoi as-tu besoin ?

― J’ai besoin d’argent, pour prendre un bus et un train.

― Quand veux-tu partir ?

― Demain, si je peux.

Mathilde sent sa poitrine se déchirer à l’idée que Samba va la quitter. Elle cherche à le faire rester un peu mais le voit dépérir à toute allure. Au bord du précipice, Samba tend la main. Devenue grande, son amie lui donne un livre. Il l’ouvre, et sur la première page apparaissent ces mots :

« Bon voyage Semba. »

Toledano, E., Nakache, O. (réalisateurs). (2014). Samba. Gaumont Distribution. Avec Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim, Izïa Higelin, Issaka Sawadogo.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19547620&cfilm=224453.html

Maître Massin

Dans l’article du Monde intitulé « Robert Massin – Graphiste et typographe », publié le 20 février 2020, le directeur artistique Aris Papathéodorou rend hommage à une grande figure de l’histoire du graphisme en France : Robert Massin, décédé le 8 février dernier, a marqué le monde de l’édition par son talent et sa personnalité à la fois créatifs et rigoureux. Il a su apporter sa « pâte », dans des styles chaque fois renouvelés, aux couvertures d’ouvrages qu’il a dessinées et typographiées, mais aussi plus largement dans son regard expérimenté sur les théories et l’historique de son domaine.

À partir des années 1940, lorsqu’il rencontre Pierre Faucheux, autre talent fondateur du graphisme français, Massin intègre les maisons d’édition majeures de l’époque, à commencer par le Club français du livre, puis Gallimard, jusqu’à Hachette. Il révolutionne les identités graphiques, notamment les logos, et les collections classiques de littérature. Dans les années 1960, il s’engage dans l’expression des idées poétiques et théâtrales des œuvres phares de l’époque, comme Exercices de style de Raymond Queneau, ou La Cantatrice chauve de Eugène Ionesco. Son travail traduit une représentation picturale du théâtre de l’absurde, inspiré également des courants futuristes et de l’univers narratif de la bande dessinée.

La maîtrise de l’art typographique par Massin et sa passion pour les lettres évoluent en une pratique de l’écriture dans laquelle il retrace le passé, de l’essai à la fiction, en passant par la biographie. Il signe même son autobiographie en 2016, « D’un moi l’autre. Une traversée du siècle », un livre qui nous renseigne sur le caractère d’artiste et artisan des mots d’un maître bien méconnu.

Papathéodorou, A. (2020, 20 février). Carnet – Robert Massin – Graphiste et typographe. Le Monde. p. 18.

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/02/17/la-mort-de-robert-massin-graphiste-et-typographe_6029851_3382.html

Paris et ses mystères

La ville de Paris cache de nombreux mystères, à la fois dans son histoire et dans l’imaginaire qu’elle inspire. Les personnages fascinants qui y ont vécu dans le passé réel et dans les œuvres de fiction réapparaissent à chaque coin de rue. On peut suivre leur trace à travers des visites guidées ou des jeux de piste, mais aussi chez soi, bien au chaud, en parcourant des livres. Des historiens curieux et de grands auteurs de la littérature française ont été inspirés par des faits sans doute avérés, comme pour toute légende, et dont ils ont développé tout un mythe.

Chaque arrondissement recèle des histoires plus ou moins étranges. Concernant le quartier du Marais par exemple, on pense à celle de l’alchimiste Nicolas Flamel qui a fait fortune subitement, ce qui a fait penser qu’il savait changer le mercure en or. Vers le Carré du Temple, y aurait-il un trésor caché, celui des Templiers ? Le Fantôme de l’Opéra, celui du splendide bâtiment de Charles Garnier, aurait-il existé ? Entre les catacombes et les cimetières anciens de la ville, les légendes sont toujours vivantes à Paris. Des connaisseurs explorent encore les carrières souterraines interdites. D’autres développent leurs propres théories à partir des croyances populaires. Après tout, où est la limite entre fantasme et réalité ?

La tombe supposée de Dracula au Père Lachaise selon Jacques Sirgent

https://www.actualitte.com/article/reportages/esoterisme-et-vampires-au-cimetiere-du-pere-lachaise/58149

L’architecture à Lille

La visite du centre ancien de Lille est en elle-même une découverte de l’âge d’or de l’architecture lilloise. Au début du XVIIe siècle, les constructions en bois sont abandonnées et c’est la brique qui est utilisée, avec la pierre blanche et le grès. Les arcades empêchent l’humidité de remonter et les parties pleines sont décorées de guirlandes de fruits, cornes d’abondance, masques, angelots joufflus. La construction du bâtiment de la bourse en 1652 marque l’apogée du style lillois. On retrouve cette influence beaucoup plus tard avec le néo-régionalisme et la nouvelle bourse.

La citadelle de Vauban est une autre œuvre caractéristique de la ville. Elle a été construite de 1667 à 1670 sur ordre de Louis XIV. Elle faisait alors partie d’une ligne de places fortes, dans le « Pré Carré » comportant 28 villes fortifiées[1]. Vauban, en tant que gouverneur, était très attaché à la ville. Il avait aussi pour projet d’unir toutes les villes du Nord par la navigation.

Ancienne « capitale des Flandres », future « Capitale Mondiale du Design » en 2020, Lille rassemble aujourd’hui les hommes et femmes d’affaires, étudiants, amateurs de culture et autres créateurs. Autour de la ville se développent de nombreux centres d’intérêts, comme l’habitat ouvrier du quartier Sud, le musée Art déco de La Piscine à Roubaix, ou encore la Villa Cavrois.

[1] https://www.lhistoire.fr/vauban/lille-la-plus-belle-citadelle

Place Louise de Bettignies. Maison Gilles de la Boe (à gauche au coin)

Farandole d’aimés

L’ami gourmet

Le chinois chine dans sa maison rouge, blasphème le lit de la génération perdue qui lui a légué son âme, son envie, ses croyances et la peinture. Offerte au public lors d’un manque de moyens, la femme en pastel flotte sous le regard des visiteurs.

Quel printemps

Le lapin de la montagne vire au violet, perdu parmi les œillets fins et crus, bombés comme ton chapeau s’envolant au-delà des prés, virevoltant tel un trèfle quand tu fouilles et scrutes la pelouse et souffles à faire décoller les coccinelles, les scarabées et les chenilles.

Cuisson chère

Toque au toquet de chef et frère cher, cuisine-le bien à l’envers du pléthore des îles, défile, chaud et mou, soleil enfoui, coussin serein, recette pépette, brûme noire et ascendante, chute. Un aigle caillou, cherche où, te fait signe pour t’éloigner du cri, recueille-toi dans ses bras.

Envol d’elle

Bonjour maîtresse, rêve de profondeur des abeilles autour de toi, un nuage qui fuse, une inspiration qui creuse, et te voilà, reine des champs, jouant devant la cornemuse, puisant ton talent dans l’ardoise et la craie, sur la plage pluvieuse telle une châtelaine, forte et chercheuse.

« Boussole »

Le dernier Prix Goncourt est le roman Boussole, de Mathias Enard, l’auteur de Zone et Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Le narrateur est un intellectuel spécialisé en étude de la musique, originaire d’Autriche, et se passionne pour l’Orient. Lors d’un colloque, il rencontre une thésarde préoccupée par les histoires d’aventuriers occidentaux en Orient. Ils partent ensemble sur les traces de personnages extraordinaires en Iran et en Syrie. L’intrigue est racontée par Franz lui-même au cours d’une nuit, alors qu’il vient de se découvrir une maladie grave. Les événements qu’il se remémore datent de quelques années, mais sa relation avec l’envoûtante Sarah est en plein dénouement.

« En lisant ses notes (pattes de mouches, marginalia noires qu’il me fallait plus déchiffrer que lire) je pouvais entrevoir, ou je croyais entrevoir, une des questions fondamentales qui sous-tendaient non seulement l’œuvre de Sarah, mais rendaient si attachants les textes d’Annemarie Schwarzenbach – l’Orient comme résilience, comme quête de la guérison d’un mal obscur, d’une angoisse profonde. Une quête psychologique. Une recherche mystique sans dieu, sans transcendance autre que les tréfonds du soi, recherche qui, dans le cas de Schwarzenbach, se soldait par un triste échec. Il n’y a rien dans ces parages pour faciliter sa guérison, rien pour alléger sa peine : les mosquées restent vides, le mihrab n’est qu’une niche dans un mur ; les paysages sont asséchés par l’été ou inaccessibles en hiver. Elle avance dans un monde déserté. Et même lorsqu’elle trouve l’amour, auprès d’une jeune femme mi-turque, mi-tcherkesse et pense emplir de vie les parages désolés qu’elle a laissés près des pentes du Damavand flamboyant, ce qu’elle découvre, c’est la mort. La maladie de l’aimée et la visite de l’Ange. L’amour ne nous laisse pas plus partager les souffrances d’autrui qu’il ne guérit les nôtres. Au fond, nous sommes toujours seuls, disait Annemarie Schwarzenbach, et je craignais, en déchiffrant ses notes en marge de La Mort en Perse, que ce soit aussi la pensée profonde de Sarah, pensée sans doute, au moment où je lisais ces lignes, amplifiée par le deuil, comme pour moi par la solitude. »

La fluidité de l’écriture nous emporte ainsi dans les souvenirs du héros, à la fois tourmenté par son triste sort et porté par un infime espoir.

Boussole-Mathias-Enard