« La fille de nos rêves »

La fille de nos rêves est un roman d’un écrivain bengali, Buddhadeva Bose, publié en 1951, en version originale. L’édition française, parue en 2011, est une traduction de la version anglaise de 2009. Quatre personnages y font chacun le récit d’une histoire d’amour qu’ils ont vécue et qui les a bouleversés. Il y a d’abord l’histoire d’un entrepreneur, qui convoitait sa belle voisine, mais dont la réussite professionnelle n’a fait que l’éloigner d’elle. Il a fait fortune pendant la Seconde Guerre mondiale tandis que les voisins, qui avaient refusé de marier leur fille à l’entrepreneur, sont devenus des miséreux.

« Ce soir-là, il est rentré tard. Lorsqu’il est passé devant chez le professeur, les paroles de sa mère lui sont revenues en mémoire. S’immobilisant, il a levé la tête et observé la maison plongée dans l’obscurité, hormis une lumière dans une pièce du premier étage où ronronnait un ventilateur dont l’ombre gigantesque se projetait sur le mur à intervalles réguliers. Rien d’autre n’était visible. Sa mère se trompait sans doute du tout au tout, ils avaient l’air d’aller très bien. Du moins a-t-il tenté de s’en convaincre car que distingue-t-on d’une chambre située au premier étage quand on est dans la rue ?

Une écharde s’est fichée dans la poitrine de Makhanlal. De temps à autre, elle le piquait – la situation des voisins était-elle aussi désastreuse ? Non, non, c’était le fruit de l’imagination de sa mère ! À cause de sa jalousie déplacée, elle se réjouissait de leurs ennuis, alors elle exagérait, elle inventait. Et si elle avait raison ? C’était possible, non ? En quoi cela le concernait-il ? Que pouvait-il faire ? Devait-il faire quelque chose ? Rien, absolument rien. Quand bien même ils n’auraient plus de quoi se nourrir et se vêtir, il ne pouvait pas les aider malgré sa générosité qui dépassait tous les besoins ou attentes. Étrangement déprimé par ses pensées, Makhanlal s’en est voulu. Suis-je aussi incapable que ma mère de les oublier ? »

On apprend par la suite comment va agir l’entrepreneur, mais la fin n’est pas vraiment racontée, car ce qui importe est le confrontement de l’amoureux rêveur avec la femme réelle. Il en est de même dans les récits des autres personnages, le fonctionnaire, le médecin et l’écrivain, qui parlent des sentiments amoureux dans une société où les mariages arrangés sont encore pratiqués. La sensibilité et la rêverie sont touchantes dans ce classique de la littérature du Bengale.

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Ce que le fou fait dans l’ordre

Manger, boire, se souvenir, rêver, piétiner, s’ouvrir… Voilà l’ambition morose d’un être sans dépit connu des charognes et des belles, conquis par l’âme verte du visage perdu. Il chatoie, se révulse, repousse dans répit la porte fourmi, danse, cherche, caresse, endort, perce, pose, tarit, vomit, ressurgit, énumère, se vautre, change, adore, crée, imagine, invente, redécouvre, recouvre, cache, garde, range, met en ordre de petitesse, en petits bouts, petites boîtes, bien décorées, bien vivantes, mises en évidence ; alors le passant peut le voir, le toucher, l’aimer. Et nous vivons.

Vielli parterre de lucidité

La nuit me dit couche-toi là, et c’est en cet esprit que le monde est concassé, cadenassé, mûr, jauni et démoniaque. En vrai, qu’oses-tu pleurer pour si tendres que nous sommes ? Un rien, un tout, une folie maigre, joie fugace, pain poivré, ferme maudite, que la maison morte donne en plein dans le mille. Viens, perds une fois pour voir ce que les fous font à part se dire, au fin fond du culot, « moi j’aime, je passe et je touche » ; ce qu’ils gagnent à comprendre dans l’infini trou du caniveau.

« L’Homme qui voulait être heureux »

L’Homme qui voulait être heureux est un livre sur le développement personnel et sur le bonheur, expliqué à travers le récit d’un homme en vacances à Bali et qui va voir un guérisseur. Il cherche à comprendre pourquoi il n’est pas heureux et grâce aux expériences que lui fait vivre le vieux sage, il parvient à mieux se connaître et à surmonter ses angoisses. Le lecteur s’identifie à ce personnage, se pose les mêmes questions et se rend compte des pouvoirs du mental. Par exemple, le narrateur fait des recherches sur les placebos :

« Ce qui me fit vraiment réagir, c’est le nombre de cas pour lesquels la croyance en la guérison suffisait à guérir le patient. Il était en moyenne de 30 % ! Même des douleurs pouvaient disparaître ! Un placebo était aussi efficace que la morphine dans 54 % des cas ! Des patients avaient mal, ils souffraient, et l’absorption d’un vulgaire comprimé de sucre ou de je ne sais quel ingrédient neutre supprimait leur douleur. Il suffisait qu’ils y croient…

Je continuai de consulter, médusé, quantité de chiffres similaires concernant des maladies diverses et variées. Puis je tombai sur le chiffre qui me cloua sur place, les doigts comme englués sur le clavier : on avait administré à des malades un placebo présenté comme de la chimiothérapie et 33 % d’entre eux avaient avalé l’équivalent d’un morceau de sucre en croyant que c’était un médicament dont l’effet secondaire bien connu est la perte de cheveux, et ils avaient effectivement perdu leurs cheveux ! Mais ils n’avaient rien avalé d’autre qu’un putain de morceau de sucre, nom de Dieu ! J’étais pétrifié, confondu par ce pouvoir des croyances sur lequel avait tant insisté le guérisseur. »

L’histoire nous démontre que ce que l’on croit est déterminant sur notre vie, puisque si on pense qu’on est capable de quelque chose, on a beaucoup plus de chances de le réaliser. C’est une réflexion sur soi-même dans une aventure psychologique enrichissante et à portée de tous. Laurent Gounelle a écrit un autre best-seller, en 2010, Les Dieux voyagent toujours incognito, et il a récemment fait publier Le Philosophe qui n’était pas sage.

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Temps de la semaine surréaliste

La semaine est un parapluie qui se décante dans la boue, la gadoue. Je ne suis qu’un ange qui passe, trépasse et se mousse. La voiture descent dans la rue et les types se marrent, dans la mare les canards qui pataugent. Je ne sais pas quel est le délire de cette fille aux cheveux clairs. Quoique le rêve d’être un chacal soit des plus merveilleux. Enfin n’y crèvons plus car je crois que vient l’arc-en-ciel.

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Les manuscrits liturgiques

“Le texte le plus copié par les moines est celui des Évangiles, qui s’accompagne parfois des psaumes. L’évangéliaire présente différents extraits des Évangiles, copiés selon l’ordre de l’année liturgique [disposés selon les offices]. Les manuscrits s’ouvrent sur une double page comportant la table des canons, mise en place par Eusèbe de Césarée au début du IVe siècle ; elle met en relief les passages concordants dans chacun des Évangiles.

Le sacramentaire fait aussi partie des manuscrits indispensables à la vie liturgique de la communauté monastique. Il contient les prières et le canon de la messe. [et celles récitées à l’occasion des sacrements]

Le bréviaire rassemble l’ensemble des textes de l’office divin. il apparaît dans les bibliothèques monastiques au XIe siècle et devient le plus répandu des manuscrits liturgiques. Il comprend un psautier [recueil de psaumes], un hymnaire et un antiphonaire pour les chants sacrés [les antiennes], un collectaire et lectionnaire [recueil de textes tirés des Écritures lus à l’office] qui rassemblent les lectures essentielles. [martyrologe : manuscrit liturgique contenant la liste des martyrs et des saints mentionnés à l’office]”

Cassagnes-Brouquet Sophie, Le livre au Moyen Âge, Éditions Ouest-France, 2009 ; La passion du livre, id., 2003.

Le mégalithisme à Filitosa

Le mégalithisme (mégas en grec, grand et lithos, pierre) est un terme utilisé pour désigner des pierres levées, isolées ou regroupées. Les dolmens, coffres et allées couvertes sont des monuments funéraires. Les sociétés qui les ont bâties étaient sédentaires et hiérarchisées. Elles montraient ainsi le pouvoir des élites et leur capacité à diriger une communauté. Les mégalithes ont une fonction funéraire, sociale, mais aussi liée aux croyances.

On trouve par exemple un monument cultuel à Filitosa, représentant des guerriers. Le site comprend deux complexes monumentaux, les torre, dont l’un s’accompagne d’une plate-forme de surveillance. La fonction des torre n’est cependant pas militaire, car l’espace y est exigu. En revanche, une aire en argile cuite au centre de la pièce unique permettait d’allumer des feux rituels. De plus, ils sont en partie construits à l’aide de morceaux d’anciens menhirs sculptés à l’effigie de chefs religieux, civils ou militaires. En effet, ces constructions circulaires sont réalisées vers 1100 avant Jésus-Christ, à la fin de l’Âge de bronze, lorsque les croyances primitives mégalithiques sont délaissées et font place à d’autres croyances.

Monument torréen à Filitosa, site préhistorique corse

Monument torréen à Filitosa, site préhistorique corse