Vielli parterre de lucidité

La nuit me dit couche-toi là, et c’est en cet esprit que le monde est concassé, cadenassé, mûr, jauni et démoniaque. En vrai, qu’oses-tu pleurer pour si tendres que nous sommes ? Un rien, un tout, une folie maigre, joie fugace, pain poivré, ferme maudite, que la maison morte donne en plein dans le mille. Viens, perds une fois pour voir ce que les fous font à part se dire, au fin fond du culot, « moi j’aime, je passe et je touche » ; ce qu’ils gagnent à comprendre dans l’infini trou du caniveau.

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« L’Homme qui voulait être heureux »

L’Homme qui voulait être heureux est un livre sur le développement personnel et sur le bonheur, expliqué à travers le récit d’un homme en vacances à Bali et qui va voir un guérisseur. Il cherche à comprendre pourquoi il n’est pas heureux et grâce aux expériences que lui fait vivre le vieux sage, il parvient à mieux se connaître et à surmonter ses angoisses. Le lecteur s’identifie à ce personnage, se pose les mêmes questions et se rend compte des pouvoirs du mental. Par exemple, le narrateur fait des recherches sur les placebos :

« Ce qui me fit vraiment réagir, c’est le nombre de cas pour lesquels la croyance en la guérison suffisait à guérir le patient. Il était en moyenne de 30 % ! Même des douleurs pouvaient disparaître ! Un placebo était aussi efficace que la morphine dans 54 % des cas ! Des patients avaient mal, ils souffraient, et l’absorption d’un vulgaire comprimé de sucre ou de je ne sais quel ingrédient neutre supprimait leur douleur. Il suffisait qu’ils y croient…

Je continuai de consulter, médusé, quantité de chiffres similaires concernant des maladies diverses et variées. Puis je tombai sur le chiffre qui me cloua sur place, les doigts comme englués sur le clavier : on avait administré à des malades un placebo présenté comme de la chimiothérapie et 33 % d’entre eux avaient avalé l’équivalent d’un morceau de sucre en croyant que c’était un médicament dont l’effet secondaire bien connu est la perte de cheveux, et ils avaient effectivement perdu leurs cheveux ! Mais ils n’avaient rien avalé d’autre qu’un putain de morceau de sucre, nom de Dieu ! J’étais pétrifié, confondu par ce pouvoir des croyances sur lequel avait tant insisté le guérisseur. »

L’histoire nous démontre que ce que l’on croit est déterminant sur notre vie, puisque si on pense qu’on est capable de quelque chose, on a beaucoup plus de chances de le réaliser. C’est une réflexion sur soi-même dans une aventure psychologique enrichissante et à portée de tous. Laurent Gounelle a écrit un autre best-seller, en 2010, Les Dieux voyagent toujours incognito, et il a récemment fait publier Le Philosophe qui n’était pas sage.

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Temps de la semaine surréaliste

La semaine est un parapluie qui se décante dans la boue, la gadoue. Je ne suis qu’un ange qui passe, trépasse et se mousse. La voiture descent dans la rue et les types se marrent, dans la mare les canards qui pataugent. Je ne sais pas quel est le délire de cette fille aux cheveux clairs. Quoique le rêve d’être un chacal soit des plus merveilleux. Enfin n’y crèvons plus car je crois que vient l’arc-en-ciel.

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Les manuscrits liturgiques

“Le texte le plus copié par les moines est celui des Évangiles, qui s’accompagne parfois des psaumes. L’évangéliaire présente différents extraits des Évangiles, copiés selon l’ordre de l’année liturgique [disposés selon les offices]. Les manuscrits s’ouvrent sur une double page comportant la table des canons, mise en place par Eusèbe de Césarée au début du IVe siècle ; elle met en relief les passages concordants dans chacun des Évangiles.

Le sacramentaire fait aussi partie des manuscrits indispensables à la vie liturgique de la communauté monastique. Il contient les prières et le canon de la messe. [et celles récitées à l’occasion des sacrements]

Le bréviaire rassemble l’ensemble des textes de l’office divin. il apparaît dans les bibliothèques monastiques au XIe siècle et devient le plus répandu des manuscrits liturgiques. Il comprend un psautier [recueil de psaumes], un hymnaire et un antiphonaire pour les chants sacrés [les antiennes], un collectaire et lectionnaire [recueil de textes tirés des Écritures lus à l’office] qui rassemblent les lectures essentielles. [martyrologe : manuscrit liturgique contenant la liste des martyrs et des saints mentionnés à l’office]”

Cassagnes-Brouquet Sophie, Le livre au Moyen Âge, Éditions Ouest-France, 2009 ; La passion du livre, id., 2003.

Le mégalithisme à Filitosa

Le mégalithisme (mégas en grec, grand et lithos, pierre) est un terme utilisé pour désigner des pierres levées, isolées ou regroupées. Les dolmens, coffres et allées couvertes sont des monuments funéraires. Les sociétés qui les ont bâties étaient sédentaires et hiérarchisées. Elles montraient ainsi le pouvoir des élites et leur capacité à diriger une communauté. Les mégalithes ont une fonction funéraire, sociale, mais aussi liée aux croyances.

On trouve par exemple un monument cultuel à Filitosa, représentant des guerriers. Le site comprend deux complexes monumentaux, les torre, dont l’un s’accompagne d’une plate-forme de surveillance. La fonction des torre n’est cependant pas militaire, car l’espace y est exigu. En revanche, une aire en argile cuite au centre de la pièce unique permettait d’allumer des feux rituels. De plus, ils sont en partie construits à l’aide de morceaux d’anciens menhirs sculptés à l’effigie de chefs religieux, civils ou militaires. En effet, ces constructions circulaires sont réalisées vers 1100 avant Jésus-Christ, à la fin de l’Âge de bronze, lorsque les croyances primitives mégalithiques sont délaissées et font place à d’autres croyances.

Monument torréen à Filitosa, site préhistorique corse

Monument torréen à Filitosa, site préhistorique corse

Semaine surréaliste

Lundi

L’horoscope du quotidien gratuit lui a donné le ton de ce 15 février, jour porté par pluie battante sur les vitres du RER. La femme au garde-à-vous contre le strapontin replié tient son grand parapluie, sans pouvoir empêcher les autres voyageurs de s’agglutiner à l’intérieur. Elle s’écrie « arrêtez de pousser ! » et pense qu’elle déteste le lundi. La patience est de mise.

Mardi

La patiente du 33 avenue Filibert, chez le Dr J’ai rendez-vous est un rappeur invétéré du club house de Champigny.

Mercredi

Mon transilien de la veille du chien debout assis contre un réverbère poussant des gouttières, se rue sur l’autre rive de la Loire, vibrant de tous ses membres, contre un grand escalier mou.

Jeudi

Les petits, les trous dans la locomotive chassent le hobbit, un nain des forêts théâtrales d’Arcadie.

Vendredi

Donne-moi ce verre pour trinquer à ta vitesse, au cœur de notre chalet, pourri par les fleurs d’hiver.

Samedi

Merci pour ce haricot verre mon casque de mouton. Tu es un beau ciel de mangue porté par les vagues incessantes de ton chaudron bizarre.

La semaine est dans le collimateur du poissonnier qui remue son téléphone et traverse le canal à la fontaine rare. Je pense aux gouttes de sable sur mon auto et vois couler un calepin dans un ascenseur.

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